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Chômage des jeunes : comprendre les causes et les leviers d’insertion pour les 15-24 ans

En France, le chômage touche particulièrement les jeunes. Près d’un actif sur cinq âgé de 15 à 24 ans est aujourd’hui sans emploi, un taux nettement supérieur à celui observé pour les autres classes d’âge. Cette situation alimente de nombreux clichés, comme l’idée selon laquelle « les jeunes ne veulent pas travailler », alors que la réalité est bien plus complexe. Entre précarité des contrats, manque d’expérience et obstacles matériels, l’entrée sur le marché du travail reste un parcours semé d’embûches pour de nombreux jeunes.

Un phénomène structurel installé depuis des décennies

Le chômage des jeunes n’est pas un phénomène récent. Depuis le milieu des années 1980, le taux de chômage des 15-24 ans oscille de manière quasi constante entre 15 % et 25 %. Cette stabilité traduit un problème structurel, profondément ancré dans le fonctionnement du marché du travail français.

L’écart avec les autres tranches d’âge est frappant. Le taux de chômage des moins de 25 ans est près de trois fois supérieur à celui de l’ensemble des actifs, et jusqu’à quatre fois plus élevé que celui des plus de 50 ans. Autrement dit, lorsqu’une personne débute sa vie professionnelle, elle est bien plus exposée au risque de chômage que ses aînés. Les jeunes figurent ainsi parmi les premiers à s’inscrire à France Travail.

Le diplôme, un atout indispensable mais insuffisant

La France a fait le choix, depuis plusieurs décennies, de favoriser l’allongement des études. Résultat : les jeunes non diplômés sont proportionnellement moins nombreux que dans d’autres pays européens. Pourtant, ils restent ceux qui rencontrent le plus de difficultés pour accéder à l’emploi. Sans qualification, l’insertion professionnelle est souvent plus longue et nécessite un accompagnement renforcé, tant sur le plan financier qu’administratif.

Les jeunes diplômés, quant à eux, ne sont pas épargnés. Certes, un niveau d’études élevé améliore les chances d’insertion, mais il ne garantit plus un emploi rapide. Le décalage entre les compétences acquises en formation et les attentes concrètes des employeurs, ainsi que le manque d’expérience professionnelle, constituent des freins majeurs. Le taux de chômage des diplômés de niveau Bac +5 a d’ailleurs fortement progressé en vingt ans, passant d’environ 5 % à plus de 10 %, ce qui interroge l’efficacité du modèle actuel.

Les jeunes, variable d’ajustement de l’économie

Si les jeunes sont davantage touchés par le chômage, c’est aussi parce qu’ils occupent majoritairement des emplois précaires. Contrats à durée déterminée, intérim, stages, apprentissage : ces formes d’emploi, plus faciles à rompre, sont souvent les premières sacrifiées lorsque la conjoncture économique se dégrade.

En période de crise, les entreprises cherchent à réduire leurs coûts et suppriment prioritairement les postes les moins sécurisés. À l’inverse, lorsque l’activité repart, les jeunes sont souvent les premiers recrutés, notamment dans des secteurs comme le commerce, la restauration ou le tourisme. Le chômage des 15-24 ans évolue donc très fortement en fonction de la santé économique globale. La crise sanitaire liée au Covid-19 a illustré cette vulnérabilité, avec une hausse rapide du chômage des jeunes dans les secteurs fermés ou fortement ralentis.

Des dispositifs pour accompagner les jeunes sans emploi

Face à cette situation, les pouvoirs publics ont développé plusieurs outils pour soutenir l’insertion professionnelle des jeunes. Le Contrat d’engagement jeune (CEJ) s’adresse aux 16-25 ans sans emploi ni formation, et jusqu’à 29 ans pour les personnes en situation de handicap. Il repose sur un accompagnement intensif par un conseiller référent, combinant ateliers, formations, immersions en entreprise et périodes de stage. En échange de leur engagement, les bénéficiaires peuvent percevoir une allocation mensuelle pouvant atteindre un peu plus de 500 euros.

Pour les jeunes ayant déjà travaillé, le RSA jeune actif constitue un filet de sécurité. Il s’adresse aux 18-25 ans disposant de faibles ressources et justifiant d’au moins deux années d’activité à temps plein sur les trois dernières années. Son montant varie selon la situation familiale, avec un socle autour de 650 euros pour une personne seule.

La formation comme levier central

La formation reste un pilier essentiel de l’insertion professionnelle. Le Compte personnel de formation (CPF) permet à chaque actif, y compris les jeunes au chômage, de financer des formations qualifiantes ou certifiantes. Il offre la possibilité d’acquérir des compétences recherchées dans des secteurs porteurs, moins sensibles aux aléas économiques.

France Travail joue également un rôle clé en proposant des formations rémunérées, notamment via l’Allocation d’aide au retour à l’emploi formation (AREF). Les jeunes bénéficient d’un accompagnement personnalisé pour construire leur projet professionnel, choisir une formation adaptée et faciliter leur retour à l’emploi.

Le soutien des régions et des collectivités

Les régions complètent ce dispositif national par des aides spécifiques. Certaines financent des dépenses liées à l’apprentissage, comme le transport, le matériel ou l’hébergement. D’autres proposent des primes pour les jeunes qui combinent études et emploi, ou encore des aides à des projets culturels, sportifs ou entrepreneuriaux. Ces initiatives locales jouent un rôle important dans la réduction des inégalités territoriales.

Lever les freins à la mobilité et au logement

La mobilité constitue un obstacle majeur à l’emploi des jeunes. Des aides existent pour financer le permis de conduire, souvent indispensable pour accéder à un emploi ou à une formation. Action Logement propose également des dispositifs facilitant l’accès au logement, comme l’aide Mobili-Jeune pour réduire le montant du loyer, l’avance Loca-Pass pour financer le dépôt de garantie ou la garantie Visale pour les jeunes sans garant.

Un accompagnement de proximité indispensable

Enfin, les missions locales et France Travail restent des acteurs centraux de l’accompagnement des jeunes. Elles proposent un suivi individualisé, aident à définir un projet professionnel réaliste et orientent vers les dispositifs adaptés. À travers ces outils, l’objectif est clair : sécuriser les parcours et transformer une période de chômage en tremplin vers une insertion durable.

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