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CPF : les pistes du Cereq pour rendre les dotations volontaires plus accessibles

La dotation volontaire au Compte personnel de formation (CPF) constitue, sur le papier, un levier intéressant pour renforcer l’accès à la formation. Pourtant, dans les faits, ce dispositif reste peu utilisé. C’est le constat dressé par une étude récente du Cereq, qui met en lumière un double frein : une méconnaissance persistante côté salariés et une complexité opérationnelle décourageante pour les services des ressources humaines.
Un dispositif encore mal identifié
Pour de nombreux salariés, la possibilité d’un abondement volontaire de leur CPF par l’employeur demeure floue, voire totalement inconnue. L’étude souligne que le CPF reste majoritairement perçu comme un outil individuel, mobilisé à l’initiative du salarié, sans réel lien avec la politique de formation de l’entreprise. Cette représentation limite mécaniquement le recours aux dotations volontaires, qui supposent pourtant une démarche concertée.
Du côté des entreprises, et notamment des PME, le manque d’information joue également un rôle clé. Les règles encadrant les dotations volontaires sont jugées peu lisibles, tant sur le plan juridique que technique. Résultat : même lorsque l’intention existe, la mise en œuvre se heurte à de nombreuses interrogations.
Une complexité administrative dissuasive
L’étude qualitative du Cereq met en évidence la lourdeur des procédures comme principal facteur de blocage. Les équipes RH évoquent des démarches chronophages, des outils peu intuitifs et une articulation parfois difficile avec les autres dispositifs de financement de la formation. Cette complexité est d’autant plus problématique que la dotation volontaire s’adresse aussi à des entreprises qui ne disposent pas toujours de ressources dédiées à l’ingénierie financière de la formation.
Dans ce contexte, la dotation volontaire peine à s’imposer comme un outil courant de gestion des compétences, malgré son potentiel.

Les leviers identifiés par le Cereq
Pour démocratiser le dispositif, le Cereq identifie plusieurs conditions de réussite. La première concerne l’information. Une communication plus claire, à destination à la fois des salariés et des employeurs, apparaît indispensable. Il s’agit de mieux expliquer les objectifs, les modalités et les bénéfices concrets des dotations volontaires, en les inscrivant dans une logique de parcours professionnel.
Deuxième levier : la simplification. Le Cereq recommande d’alléger les procédures, de clarifier les règles et de proposer des outils plus ergonomiques, afin de réduire la charge administrative pesant sur les entreprises. Une meilleure articulation avec les pratiques existantes de gestion de la formation faciliterait également l’appropriation du dispositif.
Enfin, l’étude insiste sur l’importance d’une dynamique collective. Le dialogue social, qu’il soit formel ou informel, joue un rôle central pour inscrire la dotation volontaire dans une stratégie partagée. Lorsqu’elle est intégrée à une politique de développement des compétences clairement définie, la dotation volontaire devient un véritable levier d’engagement, au service à la fois des salariés et de la performance de l’entreprise.
En somme, le potentiel de la dotation volontaire au CPF est réel, mais sa généralisation passe par une approche plus lisible, plus simple et davantage ancrée dans les pratiques RH.