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Lingueo anticipe une montée en puissance du CPF co-construit dès 2026

Dans un contexte de tension budgétaire sur la formation professionnelle, Lingueo, spécialiste de la formation linguistique pour les entreprises, affiche une trajectoire maîtrisée. Son cofondateur, Guillaume le Dieu de Ville, observe un marché plus prudent, mais voit dans le CPF co-construit un levier structurant pour l’avenir. Selon lui, ce dispositif pourrait concerner la moitié des usages de Lingueo dès 2026, contre seulement un quart aujourd’hui.
Contents
- 1 Une croissance sous contrainte, mais assumée
- 2 Une activité soutenue depuis plus de quinze ans
- 3 Des besoins linguistiques liés à l’internationalisation
- 4 Des certifications reconnues sur le long terme
- 5 Le CPF co-construit, un modèle appelé à se généraliser
- 6 Flashlevel, l’IA au service de l’évaluation linguistique
Une croissance sous contrainte, mais assumée
Lingueo aborde les évolutions récentes du marché sans alarmisme. Si aucun impact brutal n’est constaté à ce stade, un changement de climat est perceptible. Les entreprises se montrent plus hésitantes à lancer de nouveaux projets de formation, et les budgets dédiés aux langues sont globalement en recul. Cette contrainte financière pousse les directions à arbitrer plus finement leurs investissements.
Dans ce contexte, Lingueo mise sur la pertinence et l’efficacité de son offre. L’organisme couvre l’ensemble du parcours de formation linguistique : évaluation initiale, orientation, formation, puis certification. Cette approche globale permet de mieux cibler les besoins réels et d’optimiser les parcours. L’intégration de l’intelligence artificielle au cœur des dispositifs d’apprentissage contribue également à renforcer le retour sur investissement pour les entreprises clientes.
Guillaume le Dieu de Ville insiste toutefois sur une distinction essentielle : l’apprentissage approfondi d’une langue, qui exige du temps et de la régularité, et des formats plus courts, dits « flash », conçus pour apporter rapidement une valeur opérationnelle dans un contexte professionnel précis. Ces actions ciblées répondent particulièrement bien aux contraintes actuelles des entreprises.
Une activité soutenue depuis plus de quinze ans
Depuis sa création en 2008, Lingueo a connu une croissance régulière. L’organisme compte aujourd’hui plus de 900 organisations clientes et a accompagné plus de 50 000 apprenants. En 2024, plus de 58 000 heures de formation ont été dispensées, mobilisant un réseau d’environ 500 formateurs linguistiques. Au total, plus de 56 000 certifications ont été délivrées, témoignant de l’ancrage de Lingueo dans le paysage de la formation professionnelle.
Des besoins linguistiques liés à l’internationalisation
La demande en formation linguistique reste fortement corrélée aux stratégies internationales des entreprises. Lingueo accompagne notamment des acteurs du capital-risque français, de plus en plus tournés vers la diversification de leurs investissements à l’étranger, ainsi que des entreprises industrielles confrontées à des enjeux d’exportation.
Sans surprise, l’anglais demeure la langue la plus demandée, représentant environ 60 % des volumes de cours. L’espagnol et le portugais complètent le podium. Certaines langues plus spécifiques occupent néanmoins une place stratégique. C’est le cas du japonais, mobilisé pour des besoins professionnels ciblés, mais aussi de la langue des signes française (LSF), intégrée dans une démarche d’inclusion.
Cet axe inclusif s’est développé à partir de la période Covid-19, à la suite de collaborations avec des groupes comme Decathlon, puis Disney, engagés dans des politiques d’intégration de personnes malentendantes. Pour Lingueo, ces projets illustrent la capacité de la formation linguistique à répondre à des enjeux sociaux autant qu’économiques.
Des certifications reconnues sur le long terme
La reconnaissance institutionnelle constitue un autre pilier de la stratégie de Lingueo. En septembre dernier, France compétences a validé le renouvellement de neuf certifications linguistiques pour une durée de cinq ans, couvrant notamment l’anglais, l’espagnol, l’allemand, le portugais, le chinois ou encore le japonais. Ces certifications viennent compléter celles déjà validées récemment, comme le français langue étrangère et la langue des signes.

Cette visibilité à long terme est perçue comme un gage de confiance dans la qualité des certifications et dans la capacité de Lingueo à piloter son réseau de partenaires. Elle permet également de réduire la charge administrative, les procédures de dépôt et de renouvellement étant particulièrement longues : plusieurs mois pour un renouvellement, et jusqu’à un an pour une première certification en langue étrangère.
Le CPF co-construit, un modèle appelé à se généraliser
Guillaume le Dieu de Ville revient longuement sur l’évolution du CPF. Longtemps perçu comme un outil strictement individuel, il ne correspondait pas toujours, selon lui, à la réalité des besoins en entreprise. Le modèle du CPF co-construit, clarifié par un décret d’avril 2025, marque un tournant.
Ce dispositif repose sur une logique partenariale : le salarié porte son projet de formation, mais celui-ci s’inscrit dans la stratégie de développement de l’entreprise, avec un abondement financier de cette dernière. Le soutien institutionnel de la DGEFP et de la Caisse des dépôts renforce la crédibilité du modèle.
Lingueo mène aujourd’hui un important travail pédagogique auprès des entreprises, encore peu familières de ce mécanisme. Les niveaux d’abondement peuvent varier fortement, allant parfois jusqu’à couvrir presque intégralement le coût de la formation. Deux bénéfices majeurs sont mis en avant : une mise en œuvre simplifiée et l’ouverture d’un dialogue structuré entre employeurs et salariés, quelle que soit la taille de l’entreprise.
L’introduction du reste à charge individuel a, paradoxalement, facilité ces échanges. Elle incite les deux parties à discuter du périmètre et du financement du projet dans une logique de confiance partagée.
Pour Lingueo, cette dynamique est appelée à s’amplifier. Le CPF co-construit, inexistant auparavant, représentait 25 % des usages en 2024. En 2026, il pourrait concerner un dossier sur deux. Un retour aux sources, en quelque sorte, puisque l’entreprise s’adressait initialement aux individus avant de se tourner vers les organisations.
Flashlevel, l’IA au service de l’évaluation linguistique
En parallèle, Lingueo développe Flashlevel, un outil d’évaluation linguistique basé sur l’intelligence artificielle, présenté fin 2024 comme une innovation majeure. Destiné principalement au recrutement, l’outil compte déjà 80 clients récurrents. Après une phase pilote concluante, les fonctionnalités ont été enrichies, notamment par une classification par métiers inspirée des référentiels de France Travail.
Un tableau de bord complet a récemment été déployé pour faciliter le suivi et la gestion des évaluations. Pour Lingueo, Flashlevel illustre la complémentarité entre technologie, formation et stratégie RH, dans un marché où la précision et l’efficacité deviennent des critères décisifs.
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