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Dans un contexte économique déjà fragilisé, la tentation de réduire une nouvelle fois les moyens alloués au Compte personnel de formation (CPF) apparaît comme une fausse bonne idée. Alors que le marché de l’emploi se tend, que les reconversions professionnelles se multiplient et que le pouvoir d’achat reste sous pression, affaiblir l’un des principaux leviers d’accès à la formation serait à la fois contre-productif et profondément injuste.
Le projet de loi de finances pour 2026 prévoit en effet une baisse de plus de 500 millions d’euros des crédits consacrés au CPF. À cette réduction significative pourrait s’ajouter la reprise d’un amendement sénatorial entraînant une coupe supplémentaire de 92 millions d’euros. L’objectif affiché est clair : contribuer à la réduction du déficit public, fixé à 5 %. Mais la méthode interroge, tant elle repose sur un effort concentré sur les actifs et les demandeurs de formation.
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Pour atteindre ces économies, plusieurs pistes sont évoquées, notamment le plafonnement de nombreuses formations aujourd’hui éligibles au CPF et une augmentation marquée du reste à charge supporté par les bénéficiaires. En clair, les titulaires devraient payer davantage de leur poche pour accéder à des formations pourtant jugées stratégiques pour l’emploi.
Pour l’UNSA, cette orientation est inacceptable. Le reste à charge automatique s’apparente à une forme de taxation déguisée de la formation professionnelle. Il remet en cause le principe fondateur du CPF : garantir à chacun un droit effectif à la formation tout au long de la vie, indépendamment de son niveau de revenus.
Cette logique est d’autant plus contestable que le CPF montre déjà ses limites financières. Aujourd’hui, près de 21 % des bénéficiaires ne parviennent pas à couvrir l’intégralité du coût de leur formation avec leurs droits disponibles. Alourdir encore le reste à charge revient donc à exclure de fait les publics les plus modestes, ceux-là mêmes qui ont le plus besoin de se former pour sécuriser leur parcours professionnel.
Former moins, c’est fragiliser l’emploi
La réduction des moyens consacrés au CPF intervient à contretemps des mutations profondes du marché du travail. Transition numérique, transition écologique, évolution des métiers, allongement de la vie professionnelle : jamais les besoins en formation n’ont été aussi importants. Dans ce contexte, limiter l’accès à la formation revient à freiner l’adaptation des compétences et à accroître les risques de chômage et de déclassement.

La formation professionnelle n’est pas une dépense passive, mais un investissement structurant. Elle conditionne la compétitivité des entreprises, la capacité d’innovation de l’économie et la sécurisation des parcours individuels. Réduire les financements du CPF pour répondre à une contrainte budgétaire de court terme pourrait générer des coûts sociaux bien plus élevés à moyen et long terme.
Une réponse budgétaire déséquilibrée
Pour l’UNSA, la recherche d’économies est légitime, mais elle ne peut se faire au détriment des politiques de l’emploi et de la formation. Le CPF a déjà fait l’objet de nombreuses réformes et restrictions ces dernières années : encadrement des formations, renforcement des contrôles, mise en place d’un ticket modérateur, lutte accrue contre la fraude. Ces évolutions ont permis de rationaliser le dispositif sans en remettre totalement en cause l’esprit.
Aller plus loin en réduisant drastiquement les droits ou en augmentant fortement le reste à charge serait une rupture. Cela reviendrait à transformer le CPF en un outil réservé à ceux qui peuvent payer, vidant de sa substance un droit universel construit au fil des réformes.
Préserver le CPF, un choix politique assumé
Face aux défis économiques et sociaux actuels, le gouvernement doit faire un choix clair. Soit considérer la formation comme une variable d’ajustement budgétaire, soit l’assumer comme un pilier central des politiques publiques de l’emploi. Pour l’UNSA, la seconde option est la seule compatible avec les enjeux de cohésion sociale et de développement économique.
Plutôt que d’affaiblir le CPF, il est urgent de renforcer son efficacité, d’améliorer l’orientation des bénéficiaires et de sécuriser les parcours de formation. Sacrifier cet outil au nom de l’équilibre budgétaire serait une erreur stratégique dont les actifs et les demandeurs d’emploi paieraient le prix fort.